Successions et testaments en Espagne

Qui a droit à l'héritage ? Quel est le montant des droits de succession ? Comment l'héritage est-il partagé ?

¿QUIÉN HEREDA?

La réponse à cette question dépend du fait que la personne ait ou non rédigé un testament avant son décès.

S'il existe un testament...
Si un testament a été rédigé, ses dispositions seront respectées, bien que les soi-disant «légitime", qui limite la liberté de tester, étant déterminée par le Code civil ou par les lois de la Communauté autonome en question, s'il s'agit de l'Aragon, des îles Baléares, de la Catalogne, de la Navarre, de la Galice ou du Pays basque.
Le bénéficiaire de la part légale est toujours un héritier réservataire.Toutefois, dans certaines communautés autonomes, le bénéficiaire ne dispose que d'un droit impératif sur les héritiers ou la succession.
Le conjoint, les descendants et, en l'absence de descendants, les parents ou autres ascendants du défunt ont droit à la part légale. Selon le Code civil, la part légale de chaque héritier ne peut excéder les deux tiers de la succession. Dans les Communautés autonomes, cette part peut atteindre les quatre cinquièmes, sous réserve de dispositions spécifiques liées à l'origine des biens.
Un héritier réservataire ne peut renoncer à sa part d'héritage avant le décès du défunt. La renonciation n'est possible qu'après le décès. Elle doit être constatée par un acte authentique ou soumise à l'approbation du tribunal. La renonciation a également des effets juridiques sur les descendants de celui qui y renonce.


S'il n'y a pas de volonté...
En l’absence de testament, le Code civil ou certaines lois régionales (en Aragon, aux Baléares, en Catalogne, en Galice, en Navarre et au Pays basque) définissent les principes applicables aux différents cas de figure présentés ci-dessous. Les exemples fournis correspondent aux dispositions du Code civil.
  1. Si le défunt était célibataire et sans enfant, ses parents sont les héritiers. À défaut de parents, ses frères et sœurs ; à défaut de frères et sœurs, ses neveux et nièces ; à défaut de neveux et nièces, ses cousins et cousines ; et à défaut de cousins et cousines, l’État.
  2. Si le défunt était célibataire et avait des enfants, ceux-ci seront les héritiers à parts égales.
  3. Si le défunt laisse un conjoint mais pas d'enfants, le conjoint survivant devient l'unique héritier en l'absence de descendants et d'ascendants du défunt.
  4. Si le défunt laisse un conjoint et des enfants, ils seront les héritiers à parts égales. En outre, le conjoint survivant reçoit l'usufruit d'un tiers de l'héritage. Les enfants héritent du reste à parts égales. La part d'un enfant prédécédé est transmise à ses descendants par représentation, par filiation.


LE PARTAGE DE L'HÉRITAGE : LA PARTAGE

Une fois les héritiers désignés, soit par testament, soit par déclaration d'héritiers, l'héritage doit être accepté et distribué.
La première étape consiste à dissoudre le régime matrimonial du défunt, s'il existait.
Concernant la répartition de la succession, si le défunt a laissé un testament, le testateur peut l'avoir déjà fait (par exemple, en léguant un bien à un héritier et un autre à un autre) ou avoir désigné un tiers, appelé exécuteur testamentaire, pour accomplir ces tâches. Si le testateur effectue lui-même la répartition, celle-ci sera respectée, sauf si elle porte préjudice aux héritiers ayant droit à une réserve héréditaire. Si la répartition est effectuée par un tiers, elle peut être contestée devant les tribunaux si les bénéficiaires contestent l'évaluation des biens ou leur répartition.
Si le défunt n'a pas laissé de testament : dans ce cas, si les enfants ou les héritiers sont majeurs, ou s'ils sont mineurs et dûment représentés, ils peuvent se partager l'héritage comme ils l'entendent. En cas de désaccord, ils peuvent saisir le tribunal, qui désignera un exécuteur testamentaire chargé de procéder au partage.
L'acte de partage doit comporter un inventaire des biens, avec leur description et leur valeur, ainsi que la répartition proportionnelle de l'héritage à chaque héritier. Cet acte, intitulé « acte de partage et de répartition de l'héritage », permettra au bénéficiaire de transférer la propriété des biens immobiliers (appartements, fermes, etc.) à son nom au registre foncier, après s'être acquitté des droits de succession et de la taxe sur la plus-value immobilière, également appelée « taxe municipale sur les plus-values ».
En l'absence d'accord entre les bénéficiaires de l'héritage, qu'il y ait testament ou non, le partage sera effectué ou pourra être contesté devant les tribunaux.


PROCÉDURE JUDICIAIRE DE PARTAGE DE L'HÉRITAGE

Tout cohéritier ou légataire peut demander le partage de l'héritage, à condition que celui-ci ne soit pas effectué par une personne désignée par le défunt dans le testament, ou sauf si le testament prévoit un partage par accord mutuel entre les bénéficiaires. Dans ce cas, il faudra attendre que le partage ait été effectué avant de le contester.


La procédure légale pour demander le partage de l'héritage commence par une requête qui doit être signée par un avocat et qui doit être accompagnée du certificat de décès, du certificat du registre des testaments, du document prouvant que le demandeur a la qualité d'héritier ou de légataire ainsi que des documents relatifs aux biens qui composent l'héritage.

Une fois la division demandée, et le cas échéant, l'intervention sur les actifs et la constitution d'un inventaire peuvent être convenues, ainsi que la désignation d'une personne chargée de leur administration.

Les héritiers seront convoqués à une réunion où les parties intéressées devront convenir de nommer un « expert-comptable chargé du partage » pour effectuer les opérations de partage, ainsi que tous les experts nécessaires à l'évaluation des actifs.

Si aucun accord n'est trouvé, il sera désigné par tirage au sort (le poste de comptable-partitionneur doit revenir à un avocat en exercice).

Le partageur est la personne qui effectue les opérations de division et qui est tenue de respecter, si elles existent, les règles d'évaluation des biens fixées par le testateur, pourvu que celles-ci ne portent pas atteinte à la légitimité des héritiers réservataires.

Les opérations de la division auront une durée maximale de 2 mois.

Le rapport établi par le comptable-partageur doit contenir la liste des biens composant l'héritage, leur valeur, la répartition qui en est faite et leur attribution à chacun des héritiers.

Ces opérations seront communiquées à toutes les parties concernées par la procédure afin que, si elles s'y opposent, elles puissent formuler une objection écrite dans un délai de dix jours.

À ce stade, deux possibilités se présentent à nouveau :

1. Si aucune objection n'est soulevée, le juge rendra une résolution (une « ordonnance ») approuvant les opérations de division.

2. Si une objection est soulevée, le juge convoquera les parties à une nouvelle audience au cours de laquelle les motifs de l'objection seront exposés et au cours de laquelle il pourra même être convenu de la collecte de certaines preuves (par exemple, les héritiers ne sont pas d'accord avec l'évaluation donnée aux actifs et une nouvelle évaluation est demandée), et la procédure se poursuivra selon les procédures du procès oral.

Une fois le partage et la répartition effectués, chaque cohéritier acquiert la propriété et la possession des biens qui lui sont attribués.

L'ordonnance judiciaire qui pourrait être rendue permettra au bénéficiaire de modifier le titre de propriété du bien immobilier inscrit au registre foncier en sa faveur.


PLANIFICATION FISCALE DES SUCCESSIONS

« Il est important de planifier l'impact fiscal avec un professionnel. »

Une bonne planification fiscale permet de réduire considérablement les droits de succession.


Dans toute transaction juridique, il est important de comprendre et d'anticiper son traitement fiscal, mais cela est particulièrement crucial en matière de succession. Les droits de succession, qui prélèvent sur le transfert de biens et de droits lors du décès d'une personne, constituent une charge fiscale importante. Par conséquent, une planification fiscale successorale est essentielle, prenant en compte les souhaits et la situation personnelle du testateur, ainsi que ceux des héritiers et légataires. Des facteurs tels que le degré de parenté des héritiers, le domicile légal du défunt, le lieu de résidence des héritiers, leur nombre, la composition du patrimoine, etc., sont également indispensables.


L’impôt sur les successions est réglementé par la loi 29/1987 du 18 décembre relative à l’impôt sur les successions et les donations (BOE n° 303 du 19 décembre) et par le décret royal 1629/1991 du 8 novembre, qui approuve le règlement relatif à l’impôt sur les successions et les donations (BOE n° 275 du 16 novembre).


Pour le moment, il s'agit d'un impôt cédé aux Communautés autonomes, chacune d'elles bénéficiant donc de déductions et de bonus différents. Il existe donc une grande différence entre le règlement de cet impôt, par exemple, à Madrid et en Andalousie.


Il existe un certain nombre de réductions en fonction du degré de parenté, de l'entreprise familiale et de la résidence habituelle.


IMPÔT SUR LES SUCCESSION

Le délai pour déposer la déclaration de revenus est de six mois à compter de la date du décès ou de la date à laquelle la déclaration de décès devient définitive, sauf si une prolongation de ce délai est demandée dans les cinq mois suivant le décès. Cette prolongation entraîne le paiement d'intérêts de retard. En cas de litige successoral, une suspension du délai de dépôt peut être demandée. Dans ce cas, selon notre cabinet d'avocats, aucun intérêt de retard ne devrait être dû, bien que certaines administrations fiscales aient une position différente.


Une auto-évaluation doit être effectuée pour chaque héritier, l'acquisition de biens et de droits par succession, legs ou tout autre titre successoral, en tenant compte principalement des déductions pour lien de parenté, logement, entreprise ainsi que des réductions à appliquer.



UN EXEMPLE CONCRET D'ÉCONOMIES D'IMPÔTS LORS D'UN HÉRITAGE




Maria, 89 ans, et sa sœur Lourdes, 83 ans, toutes deux célibataires et sans descendance, ont rédigé des testaments dans lesquels elles se désignent mutuellement comme héritières et celle qui survit désigne ses trois nièces, Ana, Laura et Alicia, comme héritières.


Maria et Lourdes ne possèdent aucun bien immobilier, mais elles ont des comptes courants et des fonds.Options d'investissement :

Maria 255 000,00

Lourdes 160 000 €


Selon les dispositions de ce testament, si Maria décède, Lourdes devra payer 60 000 € et, à la mort de Lourdes, ses nièces devront payer environ 67 000 €, ce qui porte le montant total des impôts à environ 127 000 €.


En modifiant simplement le testament de Maria et Lourdes, en léguant l'usufruit viager de l'une à l'autre et en désignant leurs nièces comme héritières, tout en conservant la même intention que dans le testament précédent, la facture fiscale pour les deux successions est réduite à environ 70 000 €.